Ouïghours : Raphaël Glucksmann déclaré persona non grata par la Chine

La Chine a-t-elle si peur de Raphaël Glucksmann ?

 

« Il est temps de briser un silence européen qui a trop duré, un silence qui est devenu complice avec le temps », déclare le député européen Raphaël Glucksmann dans un twitte du lundi 22 mars 2021. En effet, l’engrenage de la dénonciation et des sanctions qui l’accompagnent s’engage… Depuis plusieurs années, l’eurodéputé s’engage au côté de la communauté Ouïghour, représentée par Dilnur Reyhan et dénonce les discriminations et l’exploitation que subit la minorité musulmane.

Ce même lundi, l’Union Européenne condamne de hauts responsables chinois, dont une entreprise paramilitaire -nommée Corps de production et de construction du Xinjiang (XPCC)-  pour cause d’exploitation de l’ethnie Ouïghour, en Chine. Cette dernière, représentant environ treize millions de personnes, ne fait pas partie de la majorité ethnique « Han » de Chine. Dans une optique de nettoyage ethnique, le gouvernement chinois les déporte, les exploite et les torture. De nombreuses firmes transnationales se sont rendues complices de ce génocide, dont Zara et Apple, dans une liste que publie Raphaël Glucksmann.

Ainsi, les sanctions européennes se traduisent par le biais de gel des avoirs détenus dans l’Union Européenne et d’interdiction de permis de séjour pour deux des quatre dirigeants condamnés ; bien que jugées timides, elles constituent néanmoins un point de départ à la condamnation active des crimes contre l’humanité commis par « l’Empire du Milieu ».

La riposte ne se fait pas attendre du côté de Pékin. Le député européen et neuf de ses collègues ainsi que leur famille, ont à présent interdiction de pénétrer le territoire chinois (incluant Hong-Kong et Macao), d’entrer en contact avec des institutions officielles ainsi qu’avec des entreprises chinoises. Ils sont accusés par le gouvernement « de porter gravement atteinte à la souveraineté et aux intérêts de la Chine et de propager des mensonges et de la désinformation » .

Pour Raphaël Glucksmann, c’est une première victoire, le fruit de sa mobilisation permanente, notamment sur les réseaux sociaux où la jeunesse prend part à ses batailles et le soutient. Il en parle comme d’une « légion d’honneur » et ne semble guère impressionné par ces sanctions qui se veulent menaçantes.

C’est pourquoi ces actes de torture, de viols et d’esclavage envers une minorité ne sauraient être passés sous silence, et certainement pas à l’ère des réseaux sociaux. Par conséquent, l’eurodéputé écrit : «Nous sommes tous frustrés par les failles, les dérives, les manquements de nos démocraties. Mais gardons toujours cela en tête : nos démocraties sanctionnent les auteurs de crimes contre l’humanité quand les tyrannies sanctionnent ceux qui les dénoncent.»

Soa