Festival de Cannes : Les Hirondelles de Kaboul de Zabou Breitman

Kaboul
Une rue de Kaboul

Film ” Les Hirondelles de Kaboul ”

Réalisatrice : Zabou Breitman, Dessinatrice : Eléa Gobbé-Mévellec. 

Acteurs indirects pour l’animation : Simon Abkarian, Hiam Abbass, Zita Hanrot, Swann Arlaud, Jean-Claude Deret, Sébastien Pouderoux, Serge Bagdassarian, Michel Jonasz.

L’animation 2D «Les hirondelles de Kaboul» de Zabou Breitman et Eléa Gobbé-Mévellec propose une adaptation captivante du roman de Yasmina Khadra, un best-seller international sur la vie sous le contrôle des talibans dans la capitale afghane. 

L’action se déroule en 1998 (contrairement au roman 2001), peu après l’arrivée au pouvoir desTalibans. L’interprétation des acteurs est la source d’inspiration du dessinateur de cette émouvante animation. Le père de la réalisatrice Zabou Breitman, Jean-Claude Deret, aujourd’hui décédé, est représenté en tant qu’ancien mollah âgé qui désespère de la direction que prend son pays.

L’historien Mohsen (« joué » par Swann Arlaud) et l’artiste Zunaira (« jouée » Zita Hanrot) sont encore jeunes et amoureux. Ils espèrent pouvoir à nouveau vivre comme ils le souhaitent dans leur pays bien-aimé. En revanche, le gardien de prison Atiq (« joué » par Simon Abkarian), désespéré, et son épouse Mussarat (« jouée » par Hiam Abbass), malade d’un cancer en phase terminale, vivent comme s’ils étaient déjà morts.

Atiq est incapable d’exprimer à sa femme tout ce qu’elle représente pour lui. Pendant ce temps, elle souffre parce qu’elle ne peut plus s’acquitter de ses tâches ménagères et parce qu’elle ne lui a jamais donné d’enfant.

Zunaira est emprisonnée dans la prison où Atiq est gardien.Elle est condamnée à mort pour avoir accidentellement tué son ami Moshen.

Pour les talibans, la possibilité d’exécuter une femme appelle à une cérémonie spéciale. Qu’il s’agisse de prostituées sans visage et vêtues de burqa lapidées à mort par la foule après un sermon d’un mollah hurlant ou de malheureuses agenouillés frappés à l’arrière de la tête par une Kalachnikov dans un stade rempli de personnalités de marque. 

Finalement, Atiq et Mussarat sauvent Zunaira en le payant de leur propre vie.

La codirectrice Eléa Gobbé-Mévellec, également responsable du graphisme et du personnage dans son ensemble, s’est distinguée en tant qu’animatrice dans des films français populaires tels que «Ernest et Célestine» et «Le chat du rabbin». Ses magnifiques aquarelles évoquent une ville dévastée par la guerre, où des hommes vêtus de turbans traversent la ville dans des camionnettes Toyota en terrorisant la population, fouettent des piétonniers et tirent des coups de feu simplement parce qu’ils ont le pouvoir de le faire.

Ici, les dessins expriment ce qui a pris plusieurs pages de description et de dialogues dans le roman, qu’il s’agisse des souvenirs de Mohsen des jours meilleurs, présentés comme une séquence accélérée de couples se tenant par la main dans des vêtements occidentaux ou du supérieur impitoyable des Talibans d’Atiq. 

Pourquoi «  Les hirondelles … » ? allez voir ce très beau film – rare, émouvant – vous découvrirez cet espoir de printemps que nourrit le peuple afghan.

BMG Greider Nguyen

Festival de Cannes mai 2019

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